Human Rights Watch a appelé les autorités tunisiennes à libérer l'officier de police, Samir Feriani, actuellement en détention militaire, et "d'abandonner toute accusation contre lui qui ne serait fondée que sur ses efforts pour alerter l'opinion".
L'organisation américaine ajoute, dans un communiqué, qu'il faut "porter les autres accusations éventuelles devant un tribunal civil".
Haut gradé en charge d'un programme de formation d'officiers au ministère de l'Intérieur, Feriani a été arrêté le 29 mai 2011, après avoir signé une lettre ouverte adressée au ministre de l'Intérieur, Habib Essid, où il accusait certains officiers toujours en exercice d'avoir ordonné le massacre de manifestants pendant la révolution tunisienne, et leur imputait dautres d'autres violations des droits humains.
La lettre de Feriani accusait aussi de hauts responsables au ministère d'avoir détruit des archives embarrassantes.
« À un moment où de nombreux Tunisiens pensent que les responsables qui ont terrorisé la population sous Ben Ali conservent d'importants pouvoirs au sein de l'institution sécuritaire, le gouvernement provisoire devrait encourager ceux qui tirent la sonnette d'alarme, et non pas utiliser les lois discréditées du gouvernement déchu pour les emprisonner », a déclaré Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.
Un juge d'instruction du tribunal militaire instruit actuellement au pénal les plaintes contre Feriani, accusé d'«atteinte à la sécurité extérieure de l'État », de diffuser des informations « de nature à nuire à l'ordre public » et d'« imputer à un fonctionnaire public ou assimilé des faits illégaux en rapport avec ses fonctions, sans en établir la véracité » (selon, respectivement, les articles 61, 121(3) et 128 du code pénal), a rapporté à Human Rights Watch, Mohamed Abbou, l'un des avocats de Feriani.