Par Bassam Bounenni

La désespérance est mauvaise conseillère. Les protagonistes de la scène politique se le disent tout bas. A court d’idées, ils ne semblent pas détenir le mode d’emploi des étapes à suivre dans cette phase transitoire.
L’époque où l’on vantait les bienfaits du consensus semble assez lointaine. Place, donc, à de terribles échanges de diatribes, d’invectives et d’accusations. Complot, par-ci, complot, par-là. De la lumière on en voit. Ce n’est nullement celle de la fin du tunnel. Mais, plutôt, celle de la fin, tout court.
Le courant ne passe plus. Loin s’en faut. Les débats sont des plus électrifiés. Et, électrifiants, cela va de soi.
Le dossier ô combien symbolique des martyrs et des blessés ne fait plus la Une des programmes, que ce soit à Carthage, à la Kasbah ou au Bardo. De quoi donner raison à la mauvaise langue que fut Prévert, qui voyait que “martyr, c’est pourrir”.
Les médias sombrent de plus en plus dans la médiocrité, tantôt à coups de Photoshop, tantôt à coup de “bandir”. Chacun a choisi son camp. Son son de cloche. Et, que pourrissent ou/et périssent les voix qui s’élèvent, timidement, pour le ménage. Que les “ténors” de la censure benalienne tiennent encore les rênes des “tribunes” au profit de tel ou tel camp n’est plus un tabou. Que les caciques du 13 janvier 2011 passent encore sur nos plateaux ou nos ondes, créés, déjà, par accident généalogique, ne fait plus grincer des dents.
Cette ambiance de passe-on-n’a-rien-vu frappe tous les hauts-lieux de la dictature “déchue”. Du ministère de la Répression au cabinet de l’Injustice, rien n’a changé. Ou, presque. Les serments d’hypocrites font autorité. Dans le milieu des affaires, l’impunité et le désengagement de l’Etat renflouent les caisses des "intouchables". Pendant ce temps, le citoyen lambda croit dur comme fer qu’avoir une omelette à table est un pur vice que la loi du plus … pauvre finira par châtier.
Et, comme un “Bonheur” ne vient jamais tout seul, nos “Bardolais” traînent. Elus pour constituer, nous a-t-on promis, ils constituent, désormais la cerise du … dégoût. La Constitution est au point mort.
Les Sidi Bousaid, Sidi Bouzid, Sidi Mahrez, Sidi Salem et autres marabouts se retrouvent, donc, au chômage ! Seul Saint Glinglin est maître à bord !